
Après avoir observé les dirigeants, Marianne décide de regarder ailleurs.
Cette fois, elle regarde les citoyens.
Et sa voix n’est plus la même.
Elle est plus froide. Plus directe. Parce que ce qu’elle observe ne la rassure pas.
Elle voit un peuple qui sait… mais qui se tait.
Un peuple qui souffre… mais qui s’adapte.
Un peuple qui critique… mais qui continue d’obéir.
Un constat difficile à entendre, car il ne désigne plus uniquement ceux qui détiennent le pouvoir.
Il nous regarde directement.
Dans cette nouvelle conversation, Marianne pose une question dérangeante :
si les citoyens souhaitent réellement que les choses changent,
pourquoi restent-ils si souvent à distance de l’action ?
Pourquoi vouloir être entendus sans accepter de s’exposer ?
Pourquoi s’indigner sans aller plus loin ?
Pourquoi dénoncer ce qui ne fonctionne pas tout en continuant à accepter le fonctionnement que l’on critique ?
Pour Marianne, le problème ne réside donc pas seulement dans les décisions prises par ceux qui gouvernent.
Il réside aussi dans la résignation, le confort et le silence de ceux qui les laissent faire.
Chaque renoncement peut devenir une forme d’acceptation.
Chaque silence peut être interprété comme une absence d’opposition.
Et surtout, une idée traverse toute cette conversation :
le pouvoir des citoyens ne disparaît pas nécessairement parce qu’on le leur retire.
Il peut aussi disparaître parce qu’ils cessent de le défendre.
Mais Marianne ne réclame pas davantage de discours.
Elle ne demande pas plus de publications sur les réseaux sociaux, ni davantage d’indignation passagère.
Elle demande quelque chose de beaucoup plus difficile :
du courage.
Le courage de sortir du rôle de spectateur.
Le courage de s’engager.
Le courage d’assumer sa part de responsabilité.
Cette quinzième conversation constitue donc un véritable miroir.
Après avoir interrogé les dirigeants, Marianne nous interroge maintenant nous-mêmes.
Car il est facile de demander des comptes à ceux qui exercent le pouvoir.
Il est beaucoup plus difficile de se demander :
Qu’est-ce que je fais, moi,
de mon propre pouvoir de citoyen ?
La question finale de Marianne résume brutalement son propos :
Le problème n’est peut-être pas seulement ceux qui abusent du pouvoir…
mais ceux qui acceptent de vivre sans exercer le leur.
Alors, cette fois, la question n’est plus destinée aux dirigeants.
Elle est pour nous.
Que sommes-nous prêts à faire ?

