
Cette fois, lorsque Marianne m’appelle, quelque chose est différent.
Je comprends rapidement qu’elle ne m’appelle pas vraiment pour discuter avec moi.
Elle veut parler à ceux qui regardent.
J’essaie d’intervenir.
Marianne m’arrête.
Aujourd’hui, il n’y aura pas de débat.
Pas d’explication.
Pas de détour.
Elle veut s’adresser directement aux citoyens.
Car après toutes les conversations précédentes,
après les constats, les interrogations et les réflexions, une question finit par s’imposer :
Qu’attendons-nous pour agir ?
Marianne regarde ceux qui savent.
Ceux qui comprennent.
Ceux qui sont informés.
Et pourtant restent immobiles.
Elle s’adresse à ceux qui dénoncent les problèmes, critiquent les décisions, s’indignent devant les injustices…
mais continuent malgré tout à rester spectateurs.
Et elle pose une accusation particulièrement dérangeante :
« Vous dites que vous subissez. Mais vous participez. »
Pas nécessairement parce que nous approuvons ce qui se passe.
Mais parce que chaque renoncement, chaque silence et chaque excuse peuvent contribuer à laisser les choses continuer comme avant.
Alors Marianne pose les questions que personne n’a peut-être envie d’entendre :
Qu’attendez-vous exactement ?
Que quelqu’un fasse les choses à votre place ?
Qu’un miracle arrive ?
Ou que tout s’effondre pour pouvoir ensuite dire :
« Je le savais. »
Cette conversation ne cherche pas à rassurer.
Elle cherche à provoquer une réaction.
Car il existe un moment étrange dans lequel nous pouvons être parfaitement conscients de ce qui se passe…
tout en continuant à ne rien faire.
Et peut-être que c’est précisément dans cet instant que le système que nous dénonçons continue de fonctionner.
Cette seizième conversation constitue donc une rupture dans la série.
Marianne ne parle plus à moi.
Elle parle à vous.
Elle ne demande pas ce que vous pensez.
Elle vous demande ce que vous allez faire.
Car si rien ne change, une question demeure :
Sommes-nous réellement en désaccord avec ce qui se passe…
ou avons-nous simplement accepté de vivre avec ?
À vous de répondre.
Et peut-être que la réponse ne se trouve pas dans cette vidéo.
Peut-être qu’elle se trouve après la vidéo.

