V 3 H

Marianne poursuit ses interrogations.
Après avoir découvert le texte que j’ai écrit en 1997, elle ne se contente plus de m’écouter.
Certaines phrases la préoccupent et elle souhaite aller plus loin.
Parmi elles, une phrase retient particulièrement son attention :
« À force de parler des grandes causes, l’essentiel tombe dans l’oubli. »
Mais qu’est-ce que l’essentiel ?
C’est la question qui va guider cette nouvelle conversation.
Nous vivons dans une société où les grands sujets occupent une place considérable.
Les grandes idées, les grands principes, les grandes inquiétudes…
Nous regardons loin, nous cherchons des réponses complexes
et nous débattons de sujets toujours plus vastes.
Mais pendant ce temps, ne sommes-nous pas en train d’oublier
ce qui fait simplement tenir une société debout ?
Le respect.
La parole donnée.
La responsabilité.
L’attention portée aux autres.

Des choses qui semblent tellement évidentes qu’elles finissent parfois par devenir invisibles.
Au cours de cette conversation,
Marianne comprend que l’essentiel n’a peut-être pas disparu. Il est toujours là, devant nous.
Mais encore faut-il accepter de le regarder.
Et c’est peut-être là que se trouve toute la difficulté :
nous cherchons tellement loin que nous ne voyons plus ce qui est juste devant nos yeux.
Cette troisième conversation montre aussi une Marianne différente.
Elle ne cherche plus seulement à comprendre qui je suis et ce que représente le Dada des temps modernes.
Elle commence à se poser elle-même des questions… et elle annonce déjà qu’elle en a encore beaucoup.
De mon côté, je conserve mon rôle : ramener les pieds sur terre lorsque la tête est trop dans les nuages.
Mais cette conversation laisse surtout une question au spectateur :
Et si nous n’avions pas besoin de chercher davantage… mais simplement de revenir à l’essentiel ?
Car parfois, les solutions ne sont peut-être pas aussi compliquées que nous le pensons.
Peut-être qu’elles sont déjà là.
Il ne reste peut-être qu’à avoir le courage de les regarder.

V 3 B
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