V 13 H

Jusqu’ici, Marianne avait posé des questions.
Elle avait cherché à comprendre.
Elle avait découvert mes réflexions, mon regard sur la société, mes interrogations sur la démocratie et,
plus récemment, l’Alliance du Renouveau Civique.
Mais cette fois, quelque chose change.
Marianne n’est pas d’accord.
Et pour la première fois depuis le début de nos conversations, elle le dit clairement :
« Ton projet, je pense qu’il est dangereux. »
Pourquoi ?
Parce que vouloir réveiller les consciences peut aussi provoquer de la colère, des tensions et de la division.
Marianne s’inquiète des conséquences possibles d’une démarche qui cherche à remettre en question ce qui existe.
Je ne nie pas le risque.
Mais je pose une autre question :
Que risque-t-on lorsque l’on continue simplement à ne rien faire ?
Le débat s’installe alors entre nous.
La lucidité suffit-elle à changer les choses ?
Le monde est-il réellement aussi complexe qu’on le présente ?
Et surtout, comment éviter qu’une volonté de changement ne devienne une nouvelle forme de certitude ?
Marianne va jusqu’à poser la question la plus directe :
« Et si les gens te suivent, qu’est-ce que tu feras ensuite ? »
Ma réponse est fondamentale pour comprendre ma démarche :
« Je ne veux pas qu’ils me suivent.
Je veux qu’ils se lèvent. »

Cette distinction est au cœur de ma démarche.
Il ne s’agit pas de créer des adeptes,
ni de demander aux citoyens de suivre un homme qui prétendrait savoir ce qu’il faut faire.
Il s’agit de leur donner envie de prendre leur propre place.
Mais Marianne n’est pas rassurée.
Et moi non plus.
Car vouloir changer les choses comporte toujours une part d’incertitude.
Cette conversation montre ainsi une facette différente de l’Alliance du Renouveau Civique :
le projet peut être questionné, critiqué et même inquiéter.
Et c’est peut-être justement nécessaire.
Car une véritable réflexion ne devrait-elle pas pouvoir supporter la contradiction ?
Cette treizième conversation pose finalement un choix simple, mais loin d’être facile :
Subir… ou assumer.
Le changement dérange.
Il bouscule.
Il peut même diviser.
Mais une autre forme de risque existe, plus silencieuse :
celui de l’inaction.
Alors, face à ce qui nous préoccupe dans notre société, que choisissons-nous ?
Rester immobiles…
ou accepter de prendre notre part de responsabilité ? 

V 13 B
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