
Après une première conversation au cours de laquelle Marianne a découvert
le « Dada des temps modernes »,
elle me rappelle.
Cette fois, sa curiosité porte sur un texte dont je lui avais parlé :
un texte que j’ai publié dans le magazine « Marianne » en 1997.
Elle veut le découvrir.
Quelques lignes que j’ai écrites il y a près de trente ans
sur la liberté, l’égalité, la fraternité, la responsabilité des dirigeants et celle des citoyens.
Des mots qui questionnaient déjà le fonctionnement de notre démocratie et de nos institutions.
On pourrait s’attendre à y retrouver le témoignage d’une autre époque.
Mais à mesure que Marianne découvre ce texte, une impression troublante apparaît :
ces interrogations semblent étrangement familières.
Près de trente années ont passé.
La société a changé, les gouvernements se sont succédé, le monde s’est transformé…
et pourtant certaines questions sont toujours là.
C’est alors que notre conversation prend une autre dimension.
Ce qui pourrait être flatteur pour moi, en tant qu’auteur de ces mots écrits en 1997,
devient beaucoup plus préoccupant pour moi en tant que citoyen d’aujourd’hui.
Pourquoi certaines questions essentielles restent-elles sans réponse après tant d’années ?
Et surtout, sommes-nous réellement capables de remettre en question nos certitudes, nos habitudes
et notre manière de penser notre société ?
Une phrase que j’ai écrite à l’époque résume peut-être à elle seule cette interrogation :
« L’intelligence se doit d’être intelligente. »
Une formule volontairement déroutante qui prend, près de trente ans plus tard, une résonance particulière.
Dans cette deuxième conversation,
Marianne ne cherche donc plus seulement à comprendre qui est le Dada des temps modernes.
Elle commence, elle aussi, à s’interroger.
Et elle nous invite à en faire autant.

