V 6 H

Cette fois, Marianne ne me rappelle pas pour obtenir une explication.
Elle me rappelle parce qu’une phrase de mon ancien texte lui reste en tête :
« L’intelligence se doit d’être intelligente.
Toute valeur reste relative, les croyances ne sont qu’une approche de la vérité. »

Au premier abord, cette formulation peut sembler étrange.
Comment l’intelligence pourrait-elle ne pas être intelligente ?
Mais derrière cette apparente répétition se cache une réflexion beaucoup plus profonde.
Car être intelligent, est-ce simplement posséder des connaissances ?
Est-ce avoir raison ?
Est-ce réussir à convaincre les autres ?
Ou est-ce peut-être, avant tout, savoir douter ?
Dans cette nouvelle conversation, Marianne explore cette idée :
si nos valeurs peuvent être relatives et si nos croyances ne représentent qu’une approche de la vérité,
alors nous devrions peut-être accepter que nos certitudes ne soient jamais totalement définitives.
Cela demande une qualité parfois difficile à exercer :
l’humilité.
Accepter de ne pas tout savoir.
Rester ouvert à une autre façon de penser.
Être capable de remettre en question ce que l’on croit pourtant certain.
Car une conviction peut facilement devenir une certitude.
Et lorsque cette certitude refuse toute remise en question, elle cesse de chercher la vérité.
Elle devient une frontière.
Cette conversation entre Marianne et moi
pose donc une question qui dépasse largement le simple sujet de l’intelligence :
Sommes-nous réellement intelligents lorsque nous ne sommes plus capables de douter ?
Peut-être que le problème de notre société n’est pas de manquer d’intelligence.
Peut-être est-il plutôt de croire que nous en avons suffisamment.
Alors nous affirmons.
Nous nous accrochons à nos convictions.
Nous cherchons à convaincre.
Parfois même, nous voulons imposer notre vérité.
Mais réfléchir véritablement demande autre chose.
De l’ouverture.
De l’humilité.
Et le courage de reconnaître que nous pouvons nous tromper.

Dans cette sixième conversation,
Marianne et moi vous invitons ainsi à regarder autrement ce que nous appelons « intelligence ».
Parce qu’une conviction peut être forte.
Mais une conviction qui refuse de réfléchir peut finir par devenir…
un mur.
À vous de vous demander de quel côté du mur vous vous trouvez.

V 6 B
Retour en haut