
« L’histoire appartient au passé, nous,
nous écrivons notre avenir.
L’évolution est préférable à la révolution. »
Cette phrase du texte que j’ai écrit en 1997 amène Marianne à une nouvelle réflexion.
L’histoire, nous ne pouvons plus la modifier.
Mais l’avenir ?
L’avenir reste à écrire.
Encore faut-il que les citoyens aient réellement la possibilité de participer à son écriture.
Dans cette nouvelle conversation, Marianne et moi abordons une question essentielle :
qui décide aujourd’hui de notre avenir ?
Le pouvoir, les responsables politiques, les partis…
ou les citoyens eux-mêmes ?
Je considère qu’une minorité finit trop souvent par imposer ses orientations à une majorité qui,
progressivement, accepte de moins en moins de subir.
Mais cette volonté de changement n’est pas nouvelle.
La conversation revient notamment sur le mouvement des Gilets jaunes
et sur l’une de leurs revendications majeures :
le RIC — Référendum d’initiative citoyenne.
Pour moi, ce mouvement a révélé quelque chose d’important :
une partie des citoyens ne voulait plus seulement être consultée au moment des élections.
Elle voulait pouvoir reprendre une part de contrôle sur son destin.
Mais pourquoi cette mobilisation n’a-t-elle pas réussi à transformer durablement cette revendication en changement institutionnel ?
La réponse que j’apporte dans cette conversation est simple :
la volonté ne suffit pas.
Lorsque des milliers de personnes partagent une même colère ou une même aspiration mais restent sans organisation commune, il devient difficile de transformer cette énergie en véritable force de proposition.
Je raconte alors mon propre regard sur cette période.
J’avais participé à des réunions, pris la parole et défendu l’idée qu’il fallait
s’unir, s’organiser et se structurer
pour pouvoir réellement peser.
Je n’avais pas été entendu.
Mais quelques années plus tard, je pense que quelque chose pourrait être différent.
La colère peut retomber.
Le besoin de changement, lui, peut rester.
C’est à ce moment de la conversation que Marianne comprend
que cette réflexion rejoint directement le projet que je prépare.
Un projet fondé non pas sur la colère ou la confrontation, mais sur une idée beaucoup plus simple :
organiser les citoyens pour leur permettre de prendre une part active à leur avenir.
Cette neuvième conversation constitue ainsi une étape importante dans la série.
Après avoir interrogé notre société, nos institutions, nos responsables et notre démocratie,
Marianne commence à comprendre qu’une autre question se pose désormais :
Comment passer du constat à l’action ?
Car peut-être que le problème n’est pas que nous manquions de pouvoir.
Peut-être que ce qui nous manque réellement, c’est l’union.
Pas une union de façade.
Pas une colère passagère.
Mais une union organisée, structurée et déterminée.
Car lorsque des citoyens cessent d’être isolés et
commencent à construire ensemble,
ils ne constituent plus simplement une foule.
Ils deviennent une force collective.
Et c’est peut-être là que commence véritablement la possibilité d’écrire notre avenir.

